Combien de fontaines à Aix-en-Provence ? Le guide des plus belles
On dit qu’Aix-en-Provence compte entre 100 et 200 fontaines. Les plus célèbres, leur histoire, et un parcours à pied pour les découvrir une par une.
La ville aux mille eaux
Aix-en-Provence porte un surnom qui dit tout : la « ville aux mille fontaines ». Le chiffre est un peu exagéré – les estimations oscillent entre 100 et 200 selon qu’on compte les fontaines monumentales, les petites sources murales et les bornes de quartier -, mais le fait est là : l’eau est partout à Aix. Elle coule, elle chante, elle surgit au détour d’une ruelle, elle s’étale en bassin majestueux au bout d’un cours planté de platanes.
Cette omniprésence de l’eau n’est pas un hasard. Aix est née de l’eau : la ville a été fondée en 122 avant J.-C. par les Romains, qui l’ont baptisée Aquae Sextiae – les « eaux de Sextius » – en référence aux sources thermales qui jaillissaient naturellement sur le site. Depuis, l’eau n’a cessé d’irriguer la ville et de nourrir ses fontaines, siècle après siècle.
La Rotonde : la reine du cours Mirabeau
Impossible de la manquer. La fontaine de la Rotonde trône au bout du cours Mirabeau, à l’entrée de la vieille ville. C’est la plus grande fontaine d’Aix : 12 mètres de haut, trois statues allégoriques représentant la Justice, l’Agriculture et les Beaux-Arts, des lions cracheurs d’eau, des dauphins et des cygnes. Inaugurée en 1860, elle a été restaurée récemment et brille de tous ses feux.
Le soir, éclairée par des projecteurs, elle offre un spectacle saisissant. C’est le rendez-vous des promeneurs, des amoureux et des photographes – à juste titre.
La fontaine moussue : le petit monstre vert
C’est la fontaine la plus insolite et la plus photographiée d’Aix. Située sur le cours Mirabeau, elle ressemble à un gros rocher couvert de mousse verte et de fougères, d’où l’eau tiède coule en permanence. Oui, tiède : cette fontaine est alimentée par une source thermale naturelle à 18°C, ce qui explique la végétation luxuriante qui la recouvre.
C’est un objet étrange, presque vivant, qui change d’apparence selon les saisons – plus verte en été, plus brune en hiver. Les Aixois l’adorent et les visiteurs la trouvent soit fascinante, soit un peu dégoûtante. Dans les deux cas, impossible de passer devant sans s’arrêter.
Les Quatre-Dauphins : l’élégance du quartier Mazarin
Au cœur du quartier Mazarin, la place des Quatre-Dauphins abrite l’une des fontaines les plus gracieuses de la ville. Quatre dauphins en pierre sculptée crachent de l’eau dans un bassin circulaire, surmontés d’un obélisque. Construite en 1667, elle est le cœur discret d’un quartier aristocratique aux hôtels particuliers magnifiques.
C’est un coin calme, à l’écart de l’agitation du cours Mirabeau. Installez-vous sur un banc, écoutez le bruit de l’eau, et regardez les façades XVIIe s’illuminer dans la lumière de l’après-midi.
La fontaine du Roi René : le bon roi et sa muscat
En haut du cours Mirabeau, la statue du Roi René tient dans sa main une grappe de raisin muscat – le cépage qu’il a introduit en Provence au XVe siècle. Cette fontaine-statue est un symbole de la ville : René d’Anjou, comte de Provence, est considéré comme le souverain qui a donné à Aix sa dimension culturelle et artistique.
La fontaine est un point de repère commode pour les rendez-vous (« On se retrouve au Roi René ? ») et un bon point de départ pour explorer les fontaines du cours Mirabeau, qui s’égrènent tous les 50 mètres sur cette promenade emblématique.
Un parcours à pied pour les découvrir
Le meilleur parcours fontaines commence à la Rotonde, remonte le cours Mirabeau (fontaine moussue, fontaine des Neuf-Canons, Roi René), bifurque vers la place des Quatre-Dauphins, puis revient par la vieille ville (fontaine de la place d’Albertas, fontaine des Augustins, fontaine des Prêcheurs). Comptez 1h30 à 2h de balade tranquille, avec des pauses café.
L’office de tourisme d’Aix propose un plan gratuit « circuit des fontaines » qui recense les principales. C’est l’une des plus belles façons de découvrir la ville – en suivant l’eau, on découvre des ruelles, des places et des perspectives qu’on n’aurait jamais trouvées autrement.
